Design sensoriel

La nature nous a doté(e)s de 5 sens...


"Au cours de son existence, l’homme a, peu à peu, perdu l’usage premier de ses sens qui lui permettaient de se reposer sur son intuition. S’il se concevait des outils ou objets, c’était pour répondre à un besoin réel et fortement ressenti.

Désormais, l’homme choisit et use des objets qu’on lui propose sans qu’il ait à en émettre le besoin...
Il passe donc d’un rôle actif à un rôle quasi passif, si ce n’est qu’il est au cœur de l’analyse marketing et commerciale.

La société, devenue elle-même complexe par les différents acteurs qui la constituent et qui gravitent autour de la création et production des produits, se perd dans sa prolifération d’objets utiles et inutiles. L’
homme se lasse et désire davantage, il ne réalise pas qu’il subit une influence directe ou indirecte de l’extérieur.

L’heure est à la recherche du bien-être, au réveil des sens... est-ce pour mieux répondre aux attentes ou pour mieux nous manipuler ?

Introduction de mon mémoire de design de 2001 "L'essence de nos sens", avec Sofian, mon binôme de l'époque. 

Sujet qui demeure d'actualité...

 
Design et marketing autour de nos sens

Selon le produit voulu, il est important de déterminer sur quel sens agir. Il est donc utile de faire au préalable un audit sensoriel, qui prendra en compte le process et déterminera les sens sur lesquels il est important de mettre l’accent.
Tous les sens jouent dans le jugement final de l’acheteur potentiel et/ou de l'utilisateur final : il se crée une image mentale du produit qui intègre toutes ses données sensorielles et qu’il placera sur son échelle interne de valeur. D’où l’importance d’être cohérent et de ne pas mettre les sens en opposition. Le toucher, notamment, ne doit pas contredire l’impression visuelle du produit au risque de désarçonner le consommateur..

Mais l’innovation sensorielle se heurte à bien des réticences. Pas question de trop bousculer les habitudes des consommateur et les codes des différents secteurs ! Selon moi et d'autres professionnels, les changements de packaging, de formes, ou de couleurs doivent s’accompagner d’innovations techniques.

Malheureusement, l’audace a ses limites et la frilosité reste souvent de mise, plus encore, d’ailleurs, lorsqu’il s’agit de l’ouïe et de l’odorat. Toutes les entreprises travaillent activement à la réduction des odeurs néfastes ou des sons gênants, mais songent moins à odoriser ou sonoriser les sites ou objets. Cependant certains secteurs, comme dans l'automobile et les constructeurs de machines ont compris l'importance de la sonorisation  au même titre que les autres sens (la fermeture d'une portière, le bruit d'un interrupteur ou d'un couvercle...) Certains lieux de vente, sonorisent leur site et les odorisent pour attirer le challand... Mais beaucoup reste encore à faire pour que ouïe et odorat viennent "concurrencer" le visuel !

Après le tout sensoriel, on travaille désormais à créer des accidents sensoriels. Pour que le packaging ou le produit ne cesse d’étonner... Grâce au progrès des matériaux, on tente de faire en sorte que le produit ne soit pas complètement lisse et on crée des accidents qui le rendent intéressant. 

Le design sensoriel a encore de beaux jours devant lui...

 

Maïwenn Tournellec

"Technico Créato & Marketo commerciale"

Diplômée en Design industriel et packaging (M.1 ) et en Marketing Opérationnel International (M. 2) avec 18 ans d'expériences commerciales dans le domaine événémentiel & l'imprimerie